Je suis prisonnière d'une cage. Une immense cage de verre, comme une bulle, suspendue au dessus du vide, accrochée au haut plafond de la salle principale du chateau dans lequel je suis. Je reve de liberté, de pouvoir m'évader pour vivre comme avant, mais je suis trop fragile... Je m'appelle Yza, mon surnom est l'Ange Déchu. Je dors tranquillement, revant qu'une main assez forte brise cette bulle de verre qui m'enferme, quand soudain je suis réveillée en sursaut par un couple de touristes entrant dans la salle du chateau. Ils parlent avec un accent anglais très marqué. Je retiens un cri de rage, j'aimerais tellement pouvoir etre comme eux, libre de marcher autant qu'ils le veulent... Mes ailes se déploient sans que je le veulle, surprenant ainsi les anglais. C'est devenu une habitude pour moi, je suis exposée ici comme un animal exotique dans un zoo, comme une bete de foire, comme quelque chose d'anormal. Je suis ici parce que j'ai été recueillie par la famille riche et bourgeoise qui dirige la ville depuis pluisieurs décennies, d'après ce que j'ai entendu. Je n'avais que 3 ans, quand j'ai commencé à apprendre à voler avec mes petites ailes d'ange, lorsqu'un jour, ma famille avait mystérieusement été enlevée, je suis restée seule, je m'étais cachée, et j'ai failli mourir au cours d'une partie de chasse organisée par la stupide famille qui m'héberge. Depuis je n'ai jamais pu parler aux touristes, nonnes, enfants et passionnés de croyances surnaturelles. Pendant un moment, j'ai cru que j'allais restée enfermée dans cette bulle, sans jamais pouvoir parler, jusqu'au moment où Steve, cousin de la famille, est venu m'adresser la parole, le jour de mes 15 ans. D'ailleurs, le voilà qui rentre des cours, chose que je n'ai jamais connue.
- Bonjour Steve ! Je...
- Mon oncle, tu fais encore visiter tes touristes ? Mais tu n'en as pas marre de te faire de l'argent de cette manière ? Regarde là-haut ! Yza est comme nous, elle a le droit de vivre normalement, comme nous !! Je trouve ça honteux de ta part, toi qui est contre l'exploitation des animaux dans les zoos, tu fais exactement pareil avec Yza !!
- Steve, ne parle pas comme ça devant...
- Yza, me demanda un des deux touristes anglais, c'est son nom ?
- Oui ! Oui, c'est mon nom ! J'en ai marre de rester ici ! Vous voulez me tuer où quoi ? Je n'ai pas touché le sol depuis près de 13 ans !! Mes jambes sont tétanisées à force de rester dans cette position !! Je suis d'accord avec Steve, c'est honteux de se faire de l'argent sur le dos des gens comme ça !
- Yza, s'emporta l'oncle de Steve, je t'interdis de parler de cette manière, excuse-toi auprès de Steve et des touristes qui n'ont pas demandé de disputes !
- NON !! Je ne vais pas m'excusez pour la vérité tout de meme ?!
- Yza, me rassura Steve, j'te ferais sortir de là, j'te le promets !
- Steve !! Ne parle pas comme ça !!
- Je ne veux plus jamais que tu m'adresses la parole tant que tu n'as pas rendu la liberté à Yza.
Je sens de la rage et de la colère monter en moi, j'ai plusieurs fois tenter de briser cette cage à la force de mes mains fragiles, mais je n'ai jamais réussi... Entendre quelqu'un me dire qu'il m'aidera me donne toujours de la force, je me mis alors à hurler le plus fort possible, tellement fort que les personnes présentes en dessous de ma bulle se bouchent les oreilles. Je fondis ensuite en larmes, les touristes et l'oncle de Steve s'en allèrent, me laissant seule avec Steve, qui tentait toujours de me rassurer, de me calmer, mais mes sanglots redoublent. Je le vis monter les escaliers pour venir se mettre à ma hauteur, examiner la structure dans laquelle je me trouve prisonnière.
- C'est une vraie prison ta bulle de verre dis donc, s'étonne-t-il en se rendant compte de la complexité des chaines qui me retienne, je vais essayer de te sortir de là.
- Comment veux-tu faire, dis-je en réprimant un énième sanglot, tu es loin de moi ! Et la structure est trop compliquée pour parvenir à la défaire...
- Yza, je sais que ça peut faire peur, mais je dois briser la bulle ta cage de verre.
- Mais comment tu veux faire ? Le verre est trop solide pour être brisé !
- Non, avec un marteau monté sur un long manche, je peux parvenir à le casser en frappant dessus, mais il ne faut pas que le verre te blesse...
- Steve, le coupé-je, tu ferais vraiment ça ? Tenter de casser cette prison dans laquelle je vis ? Je ne suis meme plus sure de savoir voler...
- Si ! Tu peux le faire, du moment que tu as de la force, et du courage que tu puises au fond de toi, tu vas pouvoir le faire, et retrouver ta liberté.
- Attends, mais je ne connais rien du monde, comment vais-je faire ? Tout est dangereux pour moi !
- Je t'aiderais, rien que t'aider à descendre si tu ne sais plus voler, t'aider à te cacher ensuite, meme t'aider à marcher, je le ferais.
- Aide moi, je t'en supplie, 13 ans que je suis coincée, aide moi... détruis cette prison, je suis incapable de le faire seule...
- Je v...
- Steve ! Descends de là ! Il est interdit de lui parler ! Dépeche toi, aller !
- Ce soir, me chuchota-t-il, minuit, soit réveillée. Quand la grande aiguille et la petite aiguille seront toutes les deux sur le 12, je viendrais. Avec tout ce qu'il faut. Je sais que ça va être long, mais je viendrais. Attends moi.
Il accrocha sa montre a un des maillons du lustre sur laquelle ma bulle était accrochée. Je ne sais pas lire l'heure, mais je sais quand est-ce qu'il viendra. A minuit. J'ai tellement hâte ! Je ne sais même pas si c'est long d'attendre cette heure là... Je patiente alors en examinant pour la énième fois les chaînes de la structure dans laquelle je me trouve, mais trop de questions trottent dans ma tête. Est-ce que j'arriverais encore à marcher après toutes ces années ?
Sorry, j'avais pas mis la fin du chapitre...
Est-ce que je pourrais vivre cachée comme avant ? Je pris une grande inspiration et tentais de bouger mes jambes, de manière à me retrouver assise en tailleur, au lieu d'être à genoux. J'ai mal dans les cuisses, mais je persiste et j'arrive à me mettre dans la position que je voulais, même si j'avais les genoux meurtris et que j'étais essouflée. J'avais peur de ne pas avoir assez de forces. Je tentais alors plusieurs positions, comme pour reprendre un peu d'entraînement avant une course. Le temps défilait sur la montre de Steve, je profitai alors du fait que je sois seule et pas épiée de plusieurs paires d'yeux pour pouvoir faire autre chose que de déployer mes ailes quand des touristes passaient par là, par hasard ou non.
Soudain, je fus prise d'une vague d'effroi et de colère.
Un effroi, parce que j'avais peur qu'il ne puisse pas venir me secourir, ou qu'il ne se sente pas capable de trahir sa famille.
De la colère, parce c'est quand on attend qu'on se rend compte du temps qui passe.