Après plusieurs minutes d'attentes (j'ai entendu Steve dire ça, mais je ne savais toujours pas ce que c'était), j'entendis une petite porte s'ouvrir juste derrière moi, au fond de la salle. Surmontant alors mes peurs et mes douleurs, je me retournais prudemment, et vis Steve tout sourire, un marteau qui semblait assez lourd à la main, ainsi qu'un énorme sac sur le dos, qui semblait lui peser car il avait du mal à monter les escaliers rapidement comme il l'avait fait précédemment. Une fois arrivé à ma hauteur, il me regarda longuement, dans les yeux comme il le faisait chaque fois qu'il allait me dire quelque chose d'important, puis posa une lampe qu'il tenait dans la main sur la rambarde qui nous séparait. Il ouvrit alors son sac, avec peine. Il semblait épuisé, et avait les traits du visage tendus, comme s'il avait peur, s'il angoissait. Je n'osais pas lui demander qu'est-ce qui le fatiguait ainsi, de peur de le blesser. Je le laissais alors sortir son matériel pour me libérer, en silence, sans dire un mot, comme on me demandait toujours. Soudain, après quelques instants, il leva la tête vers moi, puis me sourit, comme pour me dire que le moment était venu de me libérer.
"Yza, me regardait-il, l'air sombre, ce que je vais faire, c'est quand même sacrément dangereux, pour toi surtout, mais aussi pour moi. On pourrait être blessés, car le verre qui t'entoure, quand il sera brisé, il pourra couper, et ça fait plutôt mal... Tu veux quand même que j'essaye, malgré les risques que ça comporte ?
- Steve, tu n'as pas fait tout ça pour rien, et me blesser, ça ne me fait pas peur. Loin de là. Je ne vais quand même pas refuser de ton aide, après toute la peince que tu te donnes pour moi ?
- C'est ton choix, Yza. Alors ? Tu es sûre ?
- Je suis sûre.
- Prête ?
- Prête."
Il brandit alors le marteau en l'air, et le lança de toutes ses forces sur la bulle de verre qui me maintient au dessus du sol. Je me protégeai alors le visage à l'aide de mes ailes, et fermai les yeux. J'entendis alors un grand fracas assourdissant, puis le silence.
Jamais le silence n'avait été aussi lourd et difficile à supporter.
J'ouvris alors les yeux, et constata que quelques éclats de verre avait fait saigner mes jambes, mais j'étais saine et sauve. Steve, lui, s'était mis en boule, au sol. Il m'avait l'air sain et sauf aussi, mais avait l'air triste...
Soudain, je compris pourquoi.
Ma situation ne s'était pas améliorée, le verre avait seulement été violemment brisé, laissant un bel impact dans la structure de la bulle. Il avait l'air enragé. Au moment où il allait prononcer un mot, la porte du fond de la salle s'ouvrit en grand. L'oncle de Steve était de retour, plus furieux que jamais.
- Steve ! Non mais tu es devenu fou ? Tu te rends compte de ce que tu viens de commettre ? La cage d'Yza est fichue, il va faloir la remplacer, et cela prends énormément de temps ! Tu aurais pu la tuer ! D'ailleurs, tu as vérifié son état ? Yza, ça-va, tout va bien ?
- Et maintenant, vous me demandez mon avis, répondis-je, aussi agacée et énervée que lui, vous vous souciez soudainement de moi, moi qui ne suis qu'un simple objet qui vous sers de gagne-pain ? Et non ça ne va pas, je suis enfermée ici depuis treize...
- Cessez vos paroles ! J'en ai assez de vos discours ! Et vous n'êtes pas... mon... mon gagne-pain ! Steve, sors d'ici immédiatement, et ne rentre plus jamais, plus jamais dans cette salle ! Tu m'entends ?! On ne parle pas aux anges.
J'avais envie de hurler mon désespoir, mais je ne pu que laisser couler mes larmes, qui ne pourront peut-être plis jamais toucher le sol.